Je les vois trembler, passer dix minutes à mettre un manteau dans des gémissements de douleur, manteau qui quoi qu'il arrive ne les rendra pas beaux, ne les rendra pas jeunes, car quand on est vieux rien ne semble dynamique, on est mou et flasque, je les vois avec leurs rides de Boxers, partout même aux oreilles, et même leurs cheveux semblent ridés, et puis leurs grands poils au menton, je les vois parcourir un mètre en une minute, se plaindre de leurs douleurs au téléphone, à la messe, aux toilettes, à table, en se couchant, en se levant, en regardant la tv, se plaindre à leurs enfants, leurs petits-enfants, leurs arrières-petits enfants, leurs « amis », leurs belles-filles, leurs beau-fils, leurs chiens, leurs chats, se plaindre du temps, des chaises, de la tv, de la bouffe, de l'eau pétillante trop pétillante. Je les vois avec leurs gestes lents, leurs mots lents, leurs souffrances, et j'ai pitié d'eux, et je ne veux jamais leur ressembler, je ne veux jamais être vieille, je les trouve atroces, je ne veux pas être vieille, je les trouve inutiles, je ne veux pas être vieille, laissez-moi mourir à trente ans.